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Mais oui, mais oui, L’été est fini !

Hier, j’étais en scooter. J’allais de République, où j’ai écrit mon bouquin sur un banc publique, au Boulevard des Invalides, j’étais à fond sur mon bolide. Le soleil brillait comme un gourmette bling-bling au poignet d’une Bimbo et l’air était encore très chaud. J’étais en robe cache-coeur qui montrait mes jambes nues et aux pieds, mes espadrilles qui semaient un reste de sable de cet été ainsi qu’un crabe et deux crevettes. Un mince foulard enlaçait mon cou pour le protéger des coups de vent ou de soleil et mon casque sur ma tête formait une boule à facettes qui me donnait un air Disco. En effet, c’était la fête dans ma tête, l’été durait encore et encore, allait-il jamais s’arrêter ?

Autour de moi, un fin fumet estival s’émanait des spots parisiens, A Hotel de Ville, les skateurs en marcel ou torse nu volaient au dessus des regards alléché des passantes. L’un d’entre eux était très beau, petit et vif, flamboyant comme Marlon Brando. Son tee-shirt blanc délavé laissait deviner la ligne de son buste demi-divin et lorsqu’il se projeta vers le ciel accordé à sa planche à roulette, les spectatrices rêvèrent à l’unisson de s’envoler avec lui au 7ème ciel.

Arrivée au pont Neuf, les bouquinistes en chemises à fleurs dévoraient de vieux livres dont les pages laissaient s’échapper leur parfum de poussière.

Enfin la Seine met l’arme à gauche, je suis Rive Gauche, ça respire. Une petite fille promène son carlin et une glace Vanille Fraise, ce qui lui donne un air d’Impératrice. Les Beaux Arts et ses étudiants peinturlurés de leurs oeuvres, les chefs d’oeuvre de demain, les galeries d’art qui galèrent et enfin ma maison, douce et tendre “Home sweet home” dont les fenêtres grandes ouvertes présageaient l’été indien.

Ce matin, je me suis réveillée avec un coup de soleil sur le nez (la prochaine fois, je porterai un casque sur le nez) et un coup de blues. Reveillée par des bruits de torrents, je me suis penchée à la fenêtre et un rideau de pluie recouvrait le ciel de Paris. Une alerte sur mon GSM retentit et un message surgit “Note : c’est l’automne”. Je n’ai pas eu besoin de notification robotique pour remarquer que l’été nous avait quitter sans crier “KOUIK”

Dehors, 10 degrés de moins, des couches en plus, des thés chauds de sortie. C’est tout comme si la Terre avait dit : « Bon allez, zou, ça va bien 5 minutes, je vous ai laissé profiter à fond du soleil, de la canicule, de vos bronzettes, toussa toussa, maintenant on range ses claquettes, sa bonne mine et on se rhabille. J’ai pas qu’ça à fout’, y a encore 2 saisons qui doivent passer, j’ai un Monde à faire tourner moi ! »

Alors zou, bon automne les petits lapins, cachez-vous avant que le chasseur ne vous attrape !